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« Les romans, ça sert à écrire ce qu’on est incapable de faire dans la vraie vie. » – Reveal de mon projet bleu

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Ce titre n’est pas de moi, c’est un extrait de Trois, un roman magnifique de Valérie Perrin que j’ai lu cet hiver et qui m’a bouleversée. J’ai été soufflée par la beauté de sa plume poétique et pourtant brute, teintée de simplicité. À commencer par la justesse de cette phrase , donc :

« Les romans, ça sert à écrire ce qu’on est incapable de faire dans la vraie vie. »

Je me suis tant retrouvée en ces mots. Parce que (cela ne vous surprendra sans doute pas) bien que mes romans soient des fictions, rares sont ceux qui ne sont pas gorgés de ma propre expérience, de mes propres rêves ou de mes propres désillusions. J’ai souvent dit que les gens qui me lisent me connaissent mieux que certains proches qui n’auraient jamais mis le nez dans un de mes textes. Parce que ce que j’écris, bien que ce soit romancé, est imprégné d’émotions si réelles mais si intimes que je parviens rarement à les exprimer dans la vraie vie.

Alors, je les romance. Comme beaucoup d’artistes, ce que je crée est cathartique, c’est à la fois mon plaisir et ma thérapie. Je déverse entre les lignes mes espoirs comme mes traumatismes, mes échecs les plus cuisants comme mes plus belles réussites, mes angoisses comme mes fantasmes. Je pense sincèrement que si vous avez lu l’intégralité de mon œuvre, vous faites partie de ces personnes que je n’ai peut-être jamais croisées de ma vie mais qui au fond et étrangement, me connaissent le mieux. Mes failles, mon passé, mes aspirations, ce qui me hante ou ce qui me tient debout… tout est écrit, là, sous vos yeux, dans les gestes, les pensées et les actions de personnages qui, à leur manière, m’empruntent ou me volent à chaque fois un bout d’âme.

Je couche sur le papier ce qui m’a le plus marquée. Ce qui m’a fait rire, vibrer. Tout comme j’exorcise par l’écriture des moments difficiles que j’ai traversés. Je fais vivre à mes protagonistes des aventures dans lesquelles je n’ai pas osé me lancer. Je les place sur un chemin que j’aurais pu emprunter. Pour voir où j’aurais fini, ce que ça aurait donné. Ce qui me serait arrivé si j’avais fait d’autres choix… Si j’étais partie, si j’étais restée. Si j’avais trouvé les bons mots, si je m’étais tue. Si je n’avais pas pu devenir maman. Si j’avais été moins crédule, plus sage, plus forte, plus assurée. Si j’avais su.

Que j’écrive un drame ou une comédie, l’encre de mes histoires est toujours, bien que plus ou moins, extraite de ce qui m’a d’abord traversée moi.

Le projet bleu dont je vous parlais dans mon dernier article, ne déroge d’ailleurs pas à la règle… Vous avez bien lu ! Ce n’est officiellement plus un secret : mon roman London Calling vient tout juste de débarquer en librairie, et il met en scène Alice, une héroïne un peu (voire très) à côté de la plaque. Une fille confrontée à un truc commun à bien des femmes, certes, et pourtant plus gros qu’elle — comme moi aussi, pendant un temps, je l’ai été. Cette comédie romantique à l’anglaise a pour vocation de vous divertir, de vous faire sourire, de jouer avec les clichés de ces séries-doudou qu’on mate avec un plaid et du chocolat. C’est un bonbon acidulé, une version geek de Bridget Jones, en quelque sorte. Mais pour en revenir à ce que disait Valérie Perrin, c’est également ma façon de conjurer le sort dans la fiction, puisque j’étais « incapable de le faire dans la vraie vie ». Laissez-moi vous expliquer.

À seize ans, en irréductible romantique que j’étais déjà et que je serai toujours, je suis tombée amoureuse — pour la première « vraie » fois. Ce n’était pas un béguin d’ado, ce n’était pas un crush éphémère, non, non. Je n’avais jamais ressenti ça pour un garçon. Ou devrais-je dire, un homme, puisque si j’étais en seconde, lui, avait la vingtaine et était dans la vie active. Non, ce qui a fauché mon cœur, sans l’ombre d’un doute… c’est qu’il était anglais.

Moi qui rêvais en secret depuis la sixième d’un jour vivre en Angleterre tant je trouvais le Royaume-Uni formidable (et sur ce point au moins, je ne me trompais pas), je me suis probablement entichée de l’accent et de la culture de ce blond aux yeux bleus avant même de le connaître, lui. L’ai-je jamais vraiment connu ? Au fond, je n’en serai jamais sûre… Quoi qu’il en soit, j’idéalisais ce jeune homme qui des mois durant m’a écrit des poèmes, m’a fait découvrir la sensation grisante de compter et celle, plus charnelle, d’être embrassée passionnément. Ce « premier », qui m’a appris sa langue mieux qu’aucun prof d’anglais, et avec qui, éprise à souhait, je m’imaginais déjà me marier et faire plein de petits franglais.

Bon.

Puisque je vous parlais plus tôt de Bridget Jones, je pense que vous aurez déjà compris que cette première expérience amoureuse ne s’est pas tout à fait conclue comme je l’espérais. Parce que ce garçon qui m’avait fait croire aux contes de fées m’a plaquée. Par téléphone. Du jour au lendemain. Et sans la moindre explication — rien, niente, nada. Juste un coup de fil de quelques courtes minutes au cours duquel il m’a tout bonnement annoncé qu’on devait se séparer, alors que la semaine d’avant, il m’écrivait encore des SMS enflammés. Il ne m’a pas dit pourquoi, ni ce jour-là, ni après. Ne m’a laissé ni le choix ni l’opportunité d’en discuter — il n’y a pas eu de dispute, pas de conversation, juste un silence de plomb. Je me suis retrouvée sidérée, le bec dans l’eau, évidemment convaincue que c’était forcément ma faute, qu’il était trop bien pour moi. À seize ans, quand on est en pleine construction et aussi peu assurée que je l’étais, ça a ravagé le peu de confiance en soi dont je disposais… et comme je n’ai jamais eu le fin mot de l’histoire, le sentiment de n’avoir juste pas été à la hauteur s’est pas mal installé.

Résultat des courses : figurez-vous qu’à plus de trente ans, je galérais encore à digérer cette rupture. Pour la bonne et simple raison que, faute de motif, je ne l’ai jamais comprise. Et mon cerveau, quand il ne comprend pas, tant qu’il ne trouve pas le comment du pourquoi, il tourne en rond. Si on fait les comptes, il a tourné en rond sur ce sujet précis pendant plus de quinze ans. « Hein ? Quinze ans ?! Alors que depuis, tu t’es mariée, t’as eu trois chiens et fait quatre enfants ?! » Oui, je sais, ça craint. Ruminer, cogiter, me « faire mal aux cheveux » comme on dit, c’est ma spécialité — mais j’me soigne. Si, si, j’vous jure ! J’me soigne ! Preuve en est : à l’heure où je vous parle, heureusement pour moi, c’est non seulement digéré (enfin !), mais j’en suis à en rire plutôt qu’à en pleurer. Comment ? Eh bien disons que je peux adresser deux remerciements :

Le premier va à ma psy qui, alors que je lui parlais de cette rupture que malgré de longues années, je n’arrivais pas à surmonter, m’a fait une suggestion des plus pertinentes : confronter cet ex et lui tirer les explications qu’il n’avait jamais daigné me donner. Parce que ma peur de l’abandon et le sentiment de ne jamais être assez bien pour qui que ce soit, j’étais déjà plus ou moins née avec, mais cet homme les avait marqués au fer rouge dans mon esprit autant que sur mon cœur. Le hic, c’est que pour un tas de raisons pratiques, le retrouver n’était plus une possibilité.

J’en viens donc au deuxième « merci » que je dois… à l’écriture. Eh oui, puisque la fiction rend tout possible, c’est là sa plus grande force ! Comme mon cerveau a souvent tendance à faire de mon imaginaire sa réalité… figurez-vous que j’en ai profité. En deux mots : London Calling. La comédie romantique dont je vous parlais plus tôt et qui est arrivé en librairies ce mardi 13 janvier. Cette histoire — principalement drôle voire loufoque quoique gorgée de tendres émotions — est donc partie de la mienne. L’héroïne, Alice, se sent maudite par cette fichue rupture qu’elle n’a jamais comprise et qui semble bien conserver une vilaine emprise sur ses amours, au point qu’elle en vient à consulter une psy. La thérapeute l’encourage à exiger de son ex lesdites raisons de sa décision, et Alice, contrairement à moi, va pouvoir le coincer… avec l’objectif de reprendre enfin sa vie sentimentale en main. La suite ? Ma foi, je vous invite à la lire ! Mais si vous avez envie d’en découvrir un peu plus, je ne résiste pas à l’envie de partager avec vous ce petit teaser qui vous en donnera un avant-goût…

Vous connaissez peut-être l’adage « When life gives you lemons, make lemonade ». En français dans le texte : « si la vie vous balance des citrons, faites-en de la limonade ». Profitez des épreuves, transformez-les en opportunités. C’est ce que j’ai fait avec presque chacun de mes bouquins, quand j’y pense. London Calling étant un très bon exemple puisqu’en 2023, j’ai collé une bonne fois pour toutes mes contrariétés sentimentales d’ado dans la caboche d’Alice, et Ô miracle !, depuis, je m’en suis détachée ! C’est devenu son histoire à elle, j’ai ainsi appris à en rire plutôt qu’à en pleurer, comme je disais. J’ai tourné ces souvenirs amers en une comédie bon enfant, sans prise de tête. J’ai offert une petite revanche à cette héroïne somme toute très humaine (bien qu’un peu larguée), mais surtout un happy ending qui mettra du baume au cœur à vous qui avez peut-être déjà essuyé pareille déconvenue.

Et puis entre nous soit dit, à bien y regarder, mon ex et sa désertion inopinée m’auront rapporté également quelques ronds… c’est que je l’ai vendue, ma limonade !

Ce premier amour aura au final été le seul avant que je rencontre celui qui deviendrait mon mari — eh ouais, lucky me. Dix-sept ans de mariage plus tard et trois ans après avoir écrit cette histoire, quand je repense à mes seize ans, c’est aujourd’hui avec une certaine tendresse à l’égard de la jeune fille fleur bleue que j’étais et que je suis encore un peu. Pour citer Taylor Swift (parce que pourquoi pas), de temps en temps, je relis le manuscrit, mais désormais, l’histoire n’est plus la mienne. La morale, c’est que peu importe ce qui nous arrive, quand bien même on ait eu le cœur brisé, il y a toujours, toujours moyen de se relever… voire de transformer le plomb en or.

C’est du moins ce que la vie et les mots m’ont prouvé.

Et vous ? Comment avez vous soigné vos chagrins d'amour ?


Zoom sur TROIS,
un roman de Valérie Perrin

Une bouleversante et magnifique histoire d’amitié qui se tisse sur des décennies de jeux, de confessions, d'expériences et de secrets trop longtemps gardés. J'ai été subjuguée par la plume aussi douce qu'incisive de l'autrice qui s'exprime en douceur mais touche très fort.

Si vous aimez les récits sensibles et réalistes, le suspense savamment distillé et les personnages mémorables,
Trois est une lecture à ne pas laisser passer.

Ce roman a été coup de coeur absolu pour moi.

À découvrir ici

11 commentaires

  1. Bonjour Mélissa,

    Merci pour ce partage tout en tendresse de ce premier chagrin d’amour.

    En effet, je trouve aussi que l’écriture est un bel exutoire, qu’elle met des mots sur les maux.

    Je suis contente que tu sois apaisée de cette expérience et qu’un beau livre en soit sorti. Je ne te connaissais pas à sa première parution donc je compte bien me rattraper avec cette nouvelle édition.

    Je te souhaite à toi et ta famille une belle année remplie de santé, bonheur et projets!
    Belle journée!

    1. Hello Céline et merci ! 2026 s’annonce pleine de jolies aventures pour moi et j’ai hâte de les partager avec vous au fil des mois ! 🧡

      Oui, ce roman, comme la plupart de ceux que j’ai écrits, a été une façon pour moi de tourner la page dans tous les sens du terme, et je suis bien contente de pouvoir faire de l’écriture mon exutoire. C’est plus formidable encore de me dire avec le recul que non seulement ça me permet d’aller mieux, mais que ça permet à des milliers de personnes de s’évader le temps de leur lecture, voire même, parfois, à ces mêmes lecteur.ices de panser leurs propres blessures en se plongeant dans mes récits.

      Tout bénfèf, quoi !

      Je te souhaite une bonne journée et te dis à bientôt pour la suite 🧡

  2. Merci pour cet article Mel 🥹
    Je me retrouve pas mal dans ce que tu décris !
    J’ai toujours su pourquoi mes anciens copains me quittaient ou pourquoi mes crushs ne s’intéressaient pas à moi, et ça faisait quand même très mal! 😅 Dans mon cas, ne pas savoir la raison aurait été préférable.
    J’ai hâte d’avoir cette nouvelle édition entre les mains.
    Trois est dans ma wishlist depuis quelques semaines, j’espère le lire cette année !
    Je t’embrasse ✨️

    1. Coucou Hermione,

      Ah ben écoute, limite il aurait fallu qu’on échange nos ruptures, limite on l’aurait mieux vécu 😂😂😂

      Je te souhaite une super relecture de « London Calling », mais surtout une magnifique découverte de « Trois » 🧡🧡🧡

      Bises à toi 🧡

  3. Je me souviens quand tu avais raconté cette histoire, ça a dû être difficile à vivre à 16 ans, surtout sans explications 😔
    Mais quelle chance de pouvoir enfin terminer cette histoire et passer à autre chose via l’écriture, ça pourrait m’être utile au lieu de toujours ruminer. Mais l’écriture et moi ça fait 2 😅

    Et pour ta suggestion du roman Trois, je ne peux qu’être d’accord avec toi. J’ai l’ai dévoré ainsi que tous les autres de l’autrice ☺️

    1. Hello Laure,

      Oui, ça a été compliqué à l’époque et je déplore encore le temps que j’ai passé à ruminer ça, mais heureusement, depuis quelques années et grâce à ce roman, c’est derrière moi. Si l’écriture n’est pas ton exutoire, peut-être as-tu autre chose qui puisse le devenir ? Le dessin, le chant, la course à pied, la lecture, même…

      Parfois même juste écrire en trois ligne ce qui nous contrarie et y coller le feu, ça défoule et ça aide le cerveau à se remettre à zéro !

      Prends bien soin de toi en tout cas 🧡🧡🧡

  4. Hello Melissa,

    J’espère que toi, tes hommes et des adorables boules de poils allez bien !

    Je savais qu’il y avait toujours un peu de toi dans tes romans, mais alors là..

    Je suis désolée pour la toi de 16 ans qui a dû subir ça.. Vraiment, et par contre je suis heureuse de savoir que tu as pu tourner la page en quelques sortes grâce à l’histoire d’Alice. Histoire que j’avais d’ailleurs dévorée en à peine 48h à l’époque de sa sortie initiale, et que j’ai hâte de pouvoir avoir dans ma bibliothèque.

    Fun fact, je ne sais plus si je te l’avais dit, tes œuvres sont rangées à côté de mes versions anglaises de Tolkien dans ma bibliothèque !

    Prends soin de toi 💜🫶🏻
    Aylyhn

    Ps : J’ai hâte de découvrir tes autres projets et de continuer à foncer les précommander dès que possible pour les avoir chez moi !

    1. Coucou Aylyhn 🧡

      On va très bien merci ! 🧡

      Et merci pour ta compassion, effectivement à 16 ans, j’étais encore + fragile que maintenant et ça m’a un peu esquintée sur le long terme… bien que, du coup, je m’en sois tout de même remise et c’est bien là le principal !

      Bon par contre, toi, en me rangeant à côté de Tolkien, là… TU ME DRAGUES, HEIN ?!!!

    2. Coucou Mélissa, un grand merci pour cet article qui m’a tant touchée (comme tous tes mots finalement). J’ai vécu exactement la même chose, au même âge et donc, la même rupture.
      Après une douzaine d’années de ruminations, je me suis décidée, je lui ai écrit tout ce que j’avais sur le cœur et que mon esprit d’adolescente n’avait pas su formuler. J’y ai mis tout ce poids qui me pesait sans attente de réponse, sans attente tout court. Le soulagement fut si intense, je n’ai pas les mots pour l’exprimer. Quelques jours après cet envoi, j’apprenais que j’étais enceinte avec des années de combat.
      Au final, il m’a lue (ce qui était le plus important pour moi) et m’a répondu. Mais finalement, ce n’est pas ça qui m’a le plus soulagée, ce sont les mots (maux) que j’ai pu libérer.
      Voilà pourquoi ton roman m’a tant parlé ! 🥰

  5. Ma Méli, cet article me touche particulièrement. Les histoires inachevées… Quel fléau. Je me réjouis pour cette nouvelle lecture. Tu m’as tant fait voyager avec les romans précédents. Par ailleurs, vraie question: j’achète tes romans via kindle. Est ce intéressant à ton niveaux? Je veux te soutenir au maximum. Qu’est ce qui est le plus intéressant pour toi? Je t’embrasse bien fort!

    1. Hello Samantha,

      Eh oui… rester sur une incompréhension, être privé(e) de discussion, de ce point final qui est somme toute aussi le point de départ pour faire son deuil, peu importe la situation… c’est hard-core, je trouve.

      En amour comme en famille ou en amitié, pour moi c’est du pareil au même : je n’arrive pas facilement à surmonter une situation difficile tant que je ne peux pas me dire « OK, là, j’ai compris ce qui s’est passé, et j’ai tous les éléments pour admettre que c’est fini, il n’y a plus rien à faire ».

      Je suis très heureuse de lire que je t’ai fait voyager avec mes romans et j’espère que ce sera le cas avec les suivants 🧡 Quant à savoir ce qui est le plus intéressant pour moi, c’est très gentil de poser la question, déjà. Le plus « rentable » pour un auteur reste le format papier (grand format, quand il y a une édition poche), car nous touchons un pourcentage (des « royalties ») sur le prix du livre = plus le prix est élevé, plus l’auteur est rémunéré. Mais dans l’absolu, l’essentiel, c’est que vous achetiez le format qui vous correspond, à VOUS. Si toi tu préfères lire sur Kindle, c’est déjà formidable d’acheter l’e-book plutôt que de le télécharger illégalement 😅

      Chaque vente, quelle qu’elle soit, donne une impulsion au texte, dans tous les cas !

      Merci beaucoup pour ton soutien et d’être là à chaque parution (la prochaine arrive au mois de mai) 🧡

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