Billets d'humeur

From Scotland, with love

Je vous invite (trĂšs) fortement Ă  regarder (ici) plutĂŽt qu'Ă  lire cet article, si vous le pouvez, car j'ai profitĂ© de cette occasion plus que particuliĂšre pour sortir enfin de mon tĂ©lĂ©phone la multitude de vidĂ©os que je gardais prĂ©cieusement depuis mon premier voyage en Écosse... et qui illustrent Ă  merveille (c'est le cas de le dire !) ce post on ne peut plus unique.

Ce que je suis enfin en train de rĂ©diger, ça fait depuis septembre 2025 que j’espĂšre le faire. Garder ce secret n’a pas Ă©tĂ© facile, mais c’était indispensable. J’avais peur de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuĂ©.

C’est donc avec une Ă©motion toute particuliĂšre qu’aujourd’hui, enfin, je viens lever le voile sur mon projet argentĂ©. Maintenant que tout est fait, que la pression est retombĂ©e et que je commence Ă  renouer avec un semblant d’habitudes, je peux partager avec vous une nouvelle qui a d’ores et dĂ©jĂ  changĂ© ma vie, alors que je n’en ai encore eu qu’un modeste aperçu.

Je vous Ă©cris entourĂ©e de cartons. Et plus je regarde autour de moi, plus j’ai le sentiment d’ĂȘtre Bilbo, aprĂšs avoir sillonnĂ© la Terre du Milieu, rencontrĂ© les trolls, affrontĂ© les Gobelins, croisĂ© Gollum et taillĂ© une bavette avec Smaug Ă  Erebor
 avant de finalement regagner son chez lui. Un chez-lui vide, qui n’a plus la mĂȘme saveur, et oĂč Bilbo oĂč Bilbo va rĂ©apprendre Ă  vivre tout en noircissant bon nombre de pages qu’il n’aurait jamais cru Ă©crire un jour.

À bien y regarder, il n’y a pas que la taille qui me rapproche de ce brave Hobbit : lui comme moi avons essuyĂ© des mois d’aventure. Environ 14 pour Bilbo, et 9 pour moi. Des mois d’incertitude, de peur, de rebondissements, mais aussi d’impatience et d’émerveillement. Des mois d’imprĂ©vus mais des mois Ă  rĂȘver, des mois qui n’ont pas toujours Ă©tĂ© simples mais que je n’échangerais pour rien au monde.

Parce que si je vous parle de cartons, ce n’est pas seulement que j’ai dĂ©mĂ©nagĂ©. Non, c’est aussi que je n’habite plus en Angleterre.

Si vous suivez mes aventures depuis longtemps, je pense que vous avez levé tout haut les sourcils, là, et je comprends.

Moi-mĂȘme, j’ai eu du mal Ă  me projeter ailleurs, au dĂ©part.
Moi-mĂȘme je me voyais vieillir et finir mes jours Ă  Folkestone, cette petite ville du Kent dans laquelle on coulait des jours heureux depuis 2017.

Oui mais voilà
 tout comme je m’étais autrefois dit que je voulais deux enfants et que j’ai fini avec le double, le plan originel a changĂ©, et je me suis faite surprendre par la vie
 enfin, par mon homme, en l’occurrence.

C’est un dĂ©tail important, d’ailleurs : parce que les idĂ©es perchĂ©es, d’ordinaire, c’est moi, qui les balance, jamais lui
 L’idĂ©e en soi Ă©tait dĂ©jĂ  folle, mais c’est peut-ĂȘtre bien le fait que ce soit LUI qui l’ait eue, qui m’a le plus dĂ©stabilisĂ©e. Quoi qu’il en soit
 c’était pour le meilleur, mĂȘme si je n’en reviens toujours pas.

Pour en revenir Ă  ma mĂ©taphore de hobbit, qui parlera sans doute plus encore aux nerds parmi vous
 vous voyez Bilbo, tranquillement assis dans son fauteuil, en train de lire au calme, Ă  la douce lumiĂšre d’une fin d’aprĂšs-midi, au chaud dans son chez-lui cosy, et le ventre bien rempli ?

C’était moi, l’étĂ© dernier. AprĂšs un dĂ©mĂ©nagement de la France vers le notre premiĂšre adresse en Angleterre en juin 2017, puis un autre en 2020, Ă  quelques rues seulement mais en plein confinement et enceinte de 7 mois. AprĂšs — surtout — avoir fait quatre enfants en huit ans, et que le petit dernier ne soit plus qu’à quelques jours de sa toute premiĂšre rentrĂ©e des classes.

Je m’étais imaginĂ© que le plus Ă©pique de nos aventures Ă©tait derriĂšre nous. Qu’on avait dĂ©jĂ  vĂ©cu le plus extraordinaire. Qu’il ne nous restait en somme plus qu’à voir nos enfants grandir, depuis cette adresse Ă  laquelle je tenais tant, dĂ©sormais. Je nageais dans un contentement auquel je n’avais jamais ne serait-ce qu’osĂ© rĂȘver. Je me sentais Ă  ma place, dans de si nombreux sens du terme


Moi qui avais passĂ© les 18 premiĂšres annĂ©es de ma vie dans un HLM blindĂ© d’humiditĂ©, Ă  entendre Ă  travers les murs et le plafond comme Ă  travers du papier mĂąchĂ©, je me sentais si privilĂ©giĂ©e que je ne me voyais plus quitter cette maison qu’on avait achetĂ©e par une sorte d’heureux hasard, et qui Ă©tait en quelque sorte devenue ma portion de rĂȘve Ă©veillĂ©.

C’était sans compter sur mon mari, qui, fin aoĂ»t 2025, donc, s’est soudain pris pour Gandalf, je pense. Un beau jour (enfin, c’était un soir, pour ĂȘtre prĂ©cise), alors qu’on partageait un dĂźner entre potes, il m’a tirĂ©e de mon petit confort sans prĂ©avis. L’ambiance Ă©tait joviale, on parlait de tout et de rien sans se prendre la tĂȘte et en rĂȘvassant les uns aprĂšs les autres. Et lĂ , comme ça, Ă  la volĂ©e, mon homme a lancĂ© une idĂ©e si extravagante que j’ai bien cru qu’il plaisantait, au dĂ©but.

Sauf que non.
Il Ă©tait tout ce qu’il y avait de plus sĂ©rieux. Ce qu’il venait de suggĂ©rer n’était pas loin d’un pĂ©riple Ă  travers la Terre du Milieu, pour gagner un trĂ©sor colossal, gardĂ© par un dragon tout aussi colossal.

Si vous me connaissez un peu, vous vous doutez bien que je n’ai pas rĂ©sistĂ© longtemps. Moi qui, pendant un court instant, m’étais pris un petit coup de vieux entre le cap des 35 ans et la rentrĂ©e Ă  l’école du petit dernier
 j’ai fini par suivre volontiers.

On est donc repartis à l’aventure.

J’entends par lĂ  que, quelques semaines plus tard Ă  peine, on mettait notre maison en vente. Et qu’en l’espace de deux mois, mon homme a fait trois allers-retours en solo sur les terres qui l’avaient si soudainement appelĂ©. Personne ne l’a su, Ă  part quelques rares amis trĂšs trĂšs proches qui nous auraient ramassĂ©s Ă  la petite cuiller si tout avait foiré  Sauf que, mĂȘme si ça nous a rĂ©clamĂ© une patience folle et des nerfs solides, eh bien
 on a rĂ©ussi.

Ce n’est donc plus dans une portion anglaise de rĂȘve Ă©veillĂ©, que j’habite. À ce stade, c’est dans une parcelle de paradis, dont je tiens les clefs argentĂ©es
 d’oĂč la couleur de ce projet.

Si on m’avait dit, il y a un an, que le 15 mai 2026, mon homme nous conduirait tous les six vers un pays plus vert et plus merveilleux encore que l’a Ă©tĂ© l’Angleterre pendant les neuf formidables annĂ©es qu’on y a passĂ©es
 je n’y aurais pas cru.

Et pourtant… Nous y sommes.

À force d’écrire l’Écosse, et de vous dĂ©crire l’Écosse
 je suppose qu’il Ă©tait somme toute naturel que je finisse par vous Ă©crire DEPUIS l’Écosse.

Photos par @VictoriaCrockerPhotography

9 commentaires

  1. Oh woow ! Mais incroyable !! Ca donne tellement envie de suivre le mĂȘme chemin ! FĂ©licitation !! Un nouveau dĂ©part pour toute la famille !

  2. Ahhhhhhhhh je m’en doutais !!! Tellement heureuse pour toi, pour vous!

    FĂ©licitations et je vous souhaite pleins de belles choses 😍😍😍

  3. Hello Mélissa,

    Mais waou quel secret ! Et en mĂȘme temps, qui ça Ă©tonne cette rĂ©vĂ©lation ? Quand on connaĂźt ton amour pour l’Écosse, c’Ă©tait une Ă©vidence et chapeau Denis qui t’a bien surprise du coup.

    HĂąte de voir des story de ces beaux paysages đŸ€©

    Bises Ă  toute la famille !
    Thao

  4. Encore fĂ©licitations pour ce nouveau projet extraordinaire ! J’ai hĂąte de suivre tes nouvelles aventures en Ecosse đŸ©·

  5. Wow mais quelle aventure !!
    Welcome to Scotland đŸ„°
    Je suis trop contente pour vous, ça doit ĂȘtre gĂ©nial !!
    Une rentrĂ©e avec des nouveaux copains pour tes petits boys aussi â˜ș
    Et une tonne d’inspiration pour tes nouveaux romans đŸ€­

    1. Merci Laure ! Je reconnais qu’on a encore du mal Ă  rĂ©aliser, mais mon Dieu, quelle merveille, cette nouvelle adresse… đŸ„č Effectivement, il fallait organiser le transfert scolaire des enfants et retrouver quelques repĂšres avant de pouvoir partager cette grande nouvelle avec vous, et ça nous aura pris un mois pile d’atterrir, mais ça y est, fini l’Ă©norme secret ! Comptez sur moi effectivement pour continuer d’injecter l’Écosse dans mes prochains romans… 🏮󠁧󠁱󠁳󠁣󠁮󠁿

  6. Cette plume 💚
    Et, cette vidéo est sublime.
    J’adore le parallĂšle avec The Lord of the Rings.

    Encore félicitations Mel !
    Je suis tellement heureuse pour vous six đŸ„čđŸ„°
    Je t’embrasse fort.

      1. Oui haha. Mais on ne peut pas t’en vouloir !
        La Terre du Milieu ressemble un peu Ă  l’Écosse 😉

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